La dépression Boloetse et le trois mâts Barque Picton Castle
Tuesday, February 21st, 2006
Introduction
Jean-Claude is a resident of Reunion Island, but originally from Brittany, France. He joined the Picton Castle for her sail to Cape Town, approximately 3 weeks. Jean-Claude loves playing the accordion and anything to do with the sea.
Récit pour les francophones
La Réunion:
Le 25 janvier 2006 la dépression venant du nord s’est creusée et les vents trop forts ont retardé notre navigation prévue pour Tulear à Madagascar. Le départ est prévu pour lundi 30 janvier après le week-end du nouvel an chinois, l’année du chien. Tandis que Boloetse, capricieuse comme savant l’être quelquesfois les femmes créoles à la Réunion, décide de traverser Madagascar. Nous remplissons les réservoirs de carburant avant de partir et nous attachons à bord tout ce qui peut bouger. Au moment de partir, coincés par le vent fort du nord-est soufflant en rafales sur notre “flanc” bâbord (gauche), derrière deux gros bateaux de pêche à couple (l’Austral et l’Osiris), nous ne pouvons pas décoller du quai. Le capitaine du Port nous fait venir un petit “remorqueur-pousseur,” l’Abeille, pour nous dégager de l’avant afin de faire route sans problème vers la sortie.
Dès la sortie, au fur et à mesure, les voiles sont à poste et nous filons fièrement à 5 noeuds et demi vers le sud-ouest: direction Capetown en contournant Madagascar vers le sud (la destination Tulear n’était plus possible vu le retard.) Tout s’organise à bord sans précipitation mais minutieusement. Les règles de sécurité ont été données à tous; chacun doit avoir sa place en temps voulu, sans pagaille. Tandis que certains surveillent sur 360° notre évolution sur la “belle bleue” toute anomalie (nuages, épave, baleine, bateau, lumière…) est répétée au chef de quart, d’autres vérifient la bonne marche du bateau, voile, moteur…tout ce qui risqué de nous entraver est repris, refait.
La barque de 1998 demande un entretien constant, il faut revoir le haubannage, l’accostillage, les voiles, les bouts nombreux ayant chacun une spécificité. On vérifie tout: les douches, les WC, les cales, les frigos…la hantise du marin c’est la fuite d’eau et le feu à bord. Les quarts fonctionnent de 0 à 4 heures, 4 heures à 8 heures et 8 heures à 12 heures, 2 fois par jour. Les professionals font leur journée de 8 heures du matin à 17 heures ou plus le soir. En plus nous nous relayons tous pour aider le cuisinier à chaque repas et la vaisselle, ainsi que le nettoyage de la cuisine et la cambuse, les poubelles, triées etc. A dix heures le soir il ne doit plus y avoir de bruit dans les chambrées; on arrête les réunions particulières, la musique, les chants, les guitares et l’accordéon diatonique se taisent. Chaque anniversaire est fêté au repas du soir par un gateau du “Chef cuisinier,” le cook, avec chansons et musique. La “ruche” est en marche et réglée comme une horloge, mine de rien “la barque” se fait belle de jour en jour et sa “garde-robe” remise à neuf. L’odeur de la peinture se mèle à l’odeur des gateaux de Joe.
Ne croyez pas que Boloetse est négligée, le capitaine la surveille et nous fait part régulièrement, au cours de mise au points, très pédagogiques et de croquis. Boloetse, cette capricieuse, remontait vers le nord dans le canal du Mozambique, s’était affaiblie et s’est mise à redescendre en devenant un dangereux cyclone. Nous pensions le divorce consommé, mais non, le cyclone se dirige vers l’endroit ou nous devons passer au sud de Madagascar et sa trajectoire menace même de revenir sur nous en retraversant Madagascar. Nous refaisons donc une route nord, vers La Réunion, pour être en sécurité proche d’un abri, il n’y eu a pas à Madagascar sur le côte est.
Dimanche 5 février à 6 heures nous voyons le Piton des Neiges au dessus des nuages dans le soleil levant, une baleine et son petit sont sur notre route. Le dimanche après-midi, c’est repas sauf pour les hommes de quart qui doivent être disponibles. Un bain est organisé pour ceux qui veulent, les voiles sont réduites et des vigies surveillent sur les 3 mâts en cas de requins. L’échelle de corde est à poste pour remonter. Le soir, repas et anniversaire de la plus jeune à bord, 19 ans, 2 jours avant c’était les 63 ans du plus ancien. Après le repas du soir le dimanche, l’équipage a le droit de faire une petite fête, un punch aux fruits est à disposition, avec modération. Chansons, récits, mimes, danses…au milieu du bateau devant le grand mât.
La dépression est en descente vers le sud, nous avons déja le cap sud-ouest et demain, lundi 6 février nous mettrons le moteur pour rattrapper le temps “perdu.” Enfin nous faisons route vers Capetown…sacrée Boloetse va…